Avez-vous remarqué combien un paysage de montagne peut être magnifié par la présence d’une simple silhouette d’aigle royal qui le survole ? Il ne se rajoute pourtant presque rien au tableau, à peine une tâche sombre sur le bleu du ciel, mais c’est une dimension nouvelle qui surgit avec elle. Enlevez-là et vous perdez beaucoup.
Aldo Léopold s’interrogeait déjà sur ces étranges règles physiques de la beauté. Enlevez l’aigle « et il ne reste plus rien de vivant dans l’affaire. Une énorme quantité de ce qui ressemble à de la force motrice s’est perdue en cours de route ».
Car cette petite silhouette d’aigle survolant son domaine nous rappelle que nous ne sommes pas chez nous, que d’autres êtres vivants habitent ici. Ces quelques millimètres sur la photo évoquent à eux seuls des piqués vertigineux sur des proies invisibles, une présence attentive à laquelle rien n’échappe.
Nous sommes donc bien alors dans « le territoire des autres », celui des animaux sauvages.
La faune sauvage peut être vue comme une émanation du milieu naturel, et, à ce titre, est indissociable de celui ci. C’est pourquoi je me suis attaché, dans ce livret, à la représenter en harmonie avec son environnement.
Parce que la forêt sauvage appelle la présence d’un grand tétras, qu’un sapin couvert d’usnée est un écrin magnifique pour la petite chouette de Tengmalm, et qu’une vallée sauvage ne serait effectivement pas complète sans l’aigle royal qui la survole…

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